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Amazonomachie - La bataille des Amazones

mar, 14/10/2014 - 10:25 -- Laura
Tipologia: 
Brescia, Amazonomachie, Santa Giulia Musée de la Ville

Sur la plaque en marbre blanc, à grain moyen, il est possible de voir une partie du combat parmi sept Amazones, dont deux sont à cheval et une à terre avec son destrier : elles sont caractérisées par le bonnet phrygien, le chiton attaché à l’épaule gauche qui laisse découvert le sein droit, et les bottes à bord retourné, les embades ; les Amazones luttent contre six guerriers nus, dont certains portent le casque, l’un d’eux est à terre et porte le klamis.

À l’extrémité gauche, on entrevoit le bras d’une autre figure tandis qu’à l’extrémité droite, le pied et le contour de la jambe d’un autre combattant sont visibles. La plaque a été coupée aux extrémités, peut-être pour un réemploi.
L’enchevêtrement des corps, emphatisés par les clairs-obscurs du relief, confère une forte intensité dramatique à la scène, également soulignée par les plis nerveux des drapés qui, notamment dans la partie droite de la plaque, couvrent complètement l'arrière-plan. Les nombreuses postures d’Amazones superposées, ainsi que de guerriers et de chevaux, soulignent avec leur position les différentes profondeurs de champ, semblant marquer, même dans la continuité du relief, une pause du rythme en correspondance avec le couple central constitué  d'un guerrier nu debout qui avec le bras gauche tient par les cheveux une femme agenouillée devant lui, qui avec le bras droit se prête à donner un coup. Cette pause dans l’action semble mettre l’accent sur ces deux personnages qui devaient marquer l’axe moyen de la plaque.
Dans la partie inférieure, la scène est délimitée par un listel lisse saillant qui fait office de socle pour les figures ; en dessous, il y a une gorge avec des feuilles en relief et une rangée de dents-de-loup plutôt plats ; dans la partie supérieure, la corniche fragmentée et la rangée d’oves agrémentée de moulures profondes et de lancettes sont conservées.
La plaque provient de la partie haute d’un sarcophage produit entre le IIe et le IIIe siècle après J.-C., dans la région grecque d’Athènes, l’Attique. En effet, à partir du règne de l’empereur Adrien (118-138 après J.-C.) jusqu’à la moitié du IIIe siècle après J.-C. certains ateliers de cette région se spécialisèrent dans la réalisation de sarcophages, principalement en marbre proconnèse, caractérisés par des scènes de batailles mythologiques, sculptées en l'honneur du défunt, qui était comparé au héros du mythe.
Dans ce cas, les protagonistes de la scène sculptée sont des héros athéniens, représentés nus, et les Amazones, guerrières à cheval d’origine orientale, sont caractérisées par un couvre-chef particulier et par une tunique laissant découverts l’épaule et le sein droit. Ce relief intriqué fait  probablement référence à la mythologie de la bataille qui eut lieu sur les pentes de l’acropole d’Athènes, lorsque les Amazones tentèrent de libérer leur reine Antiope, qui avait été enlevée et épousée par Thésée grâce à l’aide d’autres guerriers athéniens.
Le thème de la mort et de l’héroïcité du combat est une référence directe à la destination du cercueil et à la vertu du défunt.
Les sarcophages attiques étaient exportés partout en Méditerranée. Par la mer adriatique, ils arrivaient à Aquilée et de là ils étaient distribués dans l’Italie du Nord. Dans certains cas, ils arrivaient partiellement travaillés et terminés ensuite par les lapicides locaux, selon les exigences des commanditaires. À Aquilée, compte tenu de la vaste faveur dont jouirent ces produits manufacturés, des ateliers spécialisés se formèrent et commencèrent leur propre production.
Les produits attiques tout comme ceux d’Aquilée, de par la qualité du marbre utilisé et la complexité des reliefs, étaient destinés à des personnages de rang social élevé. Les rares  exemplaires retrouvés à Brescia (tous découverts dans la zone du monastère, des cas uniques dans toute la province), appartenaient à des membres de familles illustres.
La plaque au sol a été récupérée en octobre 1998 aménagée pendant le bas Moyen Âge, dans l’église de San Salvatore ; elle avait été réutilisée avec la partie en relief tournée vers le bas, avec d’autres fragments de sarcophage d’époque romaine.

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