Comune di Brescia tourism website: useful information about what to see and where to go.

  • English
  • Français
  • Deutsch
  • Español
  • Italiano

"Buste d’ange", Raphaël Sanzio

mer, 30/04/2014 - 14:45 -- Laura
Tipologia: 
"Buste d’ange", Raphaël Sanzio

En 1821 le tableau se trouvait sur le marché antiquaire florentin décrit comme « Portrait de jeune homme » et il était déjà attribué à Raphaël. Paolo Tosio, grâce à l’intérêt manifesté par Teodoro Lechi, réussit à l’acheter avec le certificat d’authenticité de l’Accademia fiorentina. Avec le « Christ bénissant », l’autre œuvre de Raphaël qui fait déjà partie des collections du comte Tosio, le « Portrait de jeune homme » devint l’une des œuvres les plus célébrées parmi les connaisseurs de la ville de Brescia, et pas que parmi eux.
Mais pourquoi le petit tableau était-il décrit comme « Portrait de jeune homme » ? 

Aujourd’hui, même s’il est fragmentaire, nous l’identifions à un ange. Le beau visage légèrement baissé, le profil régulier, les cheveux dont les boucles sont décrites à pointe de pinceau appartiennent, tel que l’on peut voir, à un ange duquel on aperçoit l’accrochage des ailes, élément identifiant, une partie du vêtement, la tunique blanche bordée en noir avec des filets en or, un fichu souple, le grand drap rouge appuyé sur l’épaule. Il est probable que, afin de pouvoir vendre le tableau en tant qu’œuvre « autonome », toutes les parties qui dénonçaient son état fragmentaire, avaient été recouvertes d’une couche épaisse de vernis foncé.

Le tableau fut ainsi acheté par M. Tosio et, vers la moitié du siècle, entra dans les collections municipales avec toutes les autres œuvres qui furent données à la ville de Brescia par ce dernier, jusqu’à quand, en 1912, Oskar Fischel, profond connaisseur de Raphaël, avec une intuition géniale, individua dans le « Portrait de jeune homme » le visage du premier ange à gauche du grand retable avec « Le couronnement de saint Nicolas de Tolentino » peint pour l’église de saint Augustin à Città di Castello. Le tableau fut immédiatement restauré et, à la suite de l’enlèvement du vernis noir du fond du tableau, la présence de l’aile, ainsi que d’autres éléments qui appartenaient à la composition d’origine, fut révélée

Le tableau du Couronnement, qui avait été fortement endommagé à la suite du tremblement de terre qui en 1789 avait détruit l’église, était connu sous le nom de « pala Baronci » (retable Baronci) du nom de celui qui en 1500 l’avait commissionné à Evangelista da Pian di Meleto, un maître actif à Urbin, et au très jeune Raphaël (il avait 17 ans) pour une chapelle à l’intérieur de l’église. Après le tremblement de terre, les parties les moins endommagées, une fois régularisées dans la forme et réduites dans les dimensions, furent déplacées à Rome selon la volonté du pape Pie VI. Après une courte permanence au Vatican dans l’appartement du pape, dans une période de turbulences politiques, les fragments finirent avant dans l’église de Saint-Louis-des-Français et par la suite, une partie fut dispersée sur le marché et l’autre termina à Naples dans la collection des Bourbons.

Le retable est la première œuvre documentée de Raphaël : même s’il est associé à Evangelista da Pian di Meleto qui signa le contrat, le peintre d’Urbin dans les documents relatifs à la commission de l’œuvre est définit comme le « magister » ; il avait hérité l’atelier du père Giovanni Santi mort en 1494 et cela lui avait permis de terminer sa formation à côté de peintres plus âgés et de continuer d’être chargé de travaux prestigieux dans une ambiance dominée par le très demandé Perugino et par l’omniprésent Luca Signorelli, dont les caractéristiques stylistiques furent rapidement assimilées par le jeune artiste.

Raphaël étudia la complexité de la composition et quelques-uns de ses détails dans une série de dessins qui existent encore aujourd’hui (Lille, Musée des Beaux-Arts ; Oxford, Ashmolean Museum). Juste après le tremblement de terre, un peintre modeste, Ermenegildo Costantini (aujourd’hui à la Pinacoteca de Città di Castello) exécuta une copie partielle du retable (relative uniquement à la partie inférieure), afin que dans l’église reste la mémoire de cette grande œuvre. La confrontation avec cette œuvre permit justement à Fischel d’identifier notre ange, et, pour incroyable qu’il puisse paraître, d’en reconnaître un autre, lorsqu’en 1986, à Paris, à Silvie Béguin se présenta l’occasion d’acheter pour le Louvre le « Portrait de jeune homme » qui présentait des caractéristiques similaires au portrait acheté par M. Tosio.

Raphaël Sanzio
(Urbin, 1483 – Rome, 1520)
Buste d’ange, 1500-1501
Huile sur bois, transféré sur toile, 31 x 26,5 cm.
Brescia, Pinacoteca Tosio Martinengo

Galleria: