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Église de San Salvatore

mar, 23/07/2013 - 16:34 -- Laura
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Chiesa di San Salvatore

L’église de San Salvatore, localisée à l’intérieur du complexe monastique de San Salvatore-Santa Giulia, représente l’un des témoignages les plus importants de l’architecture religieuse du haut Moyen Âge conservée encore en état. Des recherches récentes (1989) ont permis de faire la lumière sur les nombreuses phases de construction relevées dans l’édifice. Un premier lieu de culte lombard, datant de la deuxième moitié du VIIe siècle après J.-C., caractérisé par un édifice avec plan en forme de T, a été repéré dans la zone qui avant était occupée par des maisons d’époque romaine. L’église présente un plan à nef unique, avec transept à trois absides, selon une typologie architectonique que l'on retrouve très souvent dans la péninsule, depuis la zone adriatique jusqu’à l’arc alpin. Les nombreuses phases décoratives relevées dans cette première église indiquent une continuité d’usage jusqu’à la moitié du VIIIe siècle après J.-C., où l’église de l’époque du roi Desiderius est bâtie.  C’est à l’époque du roi Desiderius que l’église est reconstruite, avec des dimensions majeures, et organisée en trois nefs séparées par des colonnades. L’utilisation répandue dans les structures de matériau de réemploi d’époque classique e de provenance byzantine offre l’un des témoignages les plus significatifs de la volonté d’affirmation du peuple lombard. 

Les colonnes et les chapiteaux sont différents pour ce qui est du matériau et de la décoration ; toutefois, ils sont disposés de façon à créer une correspondance typologique avec ceux des nefs côtés nord et sud. Certains d’entre eux proviennent de dépouillement d’édifices précédents, probablement de la zone publique voisine, tandis que d'autres furent réalisés exprès. Dans la colonnade côté nord, on remarque notamment deux chapiteaux « à corbeille » de matrice byzantine, provenant sans doute de Ravenne, à la suite de la conquête de la ville de la part des Lombards.  

La basilique, qui fut bâtie par le couple royale Desiderius et Ansa, fut entièrement décorée de stucs et de fresques apparentés ; l’ensemble de ces décorations, avec celles du « Tempietto Longobardo » de Cividale, est l’un des plus riches et mieux conservés du haut Moyen Âge.  Sur les parois de la nef centrale, les représentations peintes, qui s’étalaient au dessus des arcs, étaient disposées sur trois niveaux. Les panneaux de la partie supérieure représentaient des épisodes de la vie du Christ depuis son enfance jusqu’à la Résurrection ; ceux de la partie inférieure retraçaient les vicissitudes des saintes martyres chrétiennes Giulia, Pistis, Elpis et Agapé, dont les reliques, prélevées dans les catacombes de Rome par Astolphe qui les donna au couvent, devaient avoir été déposées dans la crypte. Les stucs jouaient un rôle fondamental dans la décoration de la basilique, en allant compléter aussi bien l’architecture que les histoires peintes, selon des modèles ravennates (Saint-Apollinaire in Classe) et romains (Saint-Paul-hors-les-Murs). En outre, par les stucs on cachait les imperfections dans la jointure d’éléments différents et l’on complétait les parties manquantes des éléments de pierre de remploi. Les différents motifs décoratis réalisés en stuc (rubans entrelacés, volutes, lys stylisés alternés avec des feuilles, petits arcs entrelacés, cadres avec oves et dards, rosettes, lys cruciformes et rosaces), disposés avec une parfaite symétrie, revêtaient les sous arcs, les archivoltes et les auréoles qui entouraient les visages des personnages principaux des fresques. Les éléments floraux étaient enrichis, tel que dans les frises du « Tempietto di Cividale », par de petites ampoules en vitre coloré insérées au centre des pétales des fleurs. En stuc étaient aussi les caissons qui revêtaient les plafonds en bois à couverture plane. Les stucs étaient modelés directement sur le mur, avec une armature composée de roseaux très fins, et ils étaient réalisés par couches superposées ; une première couche était étalée en même temps que les fresques ; le tout était modelé, complété et ravivé par la couleur.

La basilique de l’époque du roi Desiderius était aussi enrichie par des cadres, des consoles et des panneaux en terre cuite, un exemple isolé dans la production artistique de l'époque. Il s'agit de produits manufacturés à travers une matrice ou bien sculptés suite à la cuisson, avec des motifs végétaux qui renvoient à des thèmes religieux, comme par exemple, le rameau de la vigne. L’absence d’éléments de confrontation ne permet pas d’avancer des hypothèses quant à son exacte fonction. Dans le mur d’enceinte coté sud de l’église on avait amenagé une tombe en position privilégiée, dont il reste un arc avec des traces de peinture à fresque qui devait surmonter une caisse de dalles en pierre, aujourd’hui disparue. La présence sur cette tombe, jusqu’au XVIIe siècle, de l’inscription Ansa regina regis Desiderii uxor, la position importante, normalement réservée au fondateur pour les édifices religieux, ainsi que la tradition d’offrir des fouaces et du vin aux pauvres à l’occasion de l’anniversaire de la mort de la reine Ansa (tel que témoigné par les fresques sur l’embrasure de l'arcosolium), laissent supposer qu’il s’agissait réellement de la tombe de la femme de Desiderius. En face de l’arcosolium et au dessous du plan du pavement sont en outre présentes trois tombes à caisson en maçonnerie, avec couverture en pente et l’intérieur décoré de croix peintes et de motifs entrelacés. Il s’agit probablement des sépultures de trois membres de la famille de Ansa, peut-être le père et les deux frères, qui, tel qu'indiqué par les sources, ils seraient enterrés à l'intérieur de l'église de San Salvatore. Les motifs ornementaux des objets liturgiques en marbre mettaient en exergue la richesse des décorations en stuc et en terre cuite, dont les éléments qui subsistent sont nombreux. Les plaques en marbre blanc à grain moyen où sont représentés deux paons dont la dimension augmente  vers le centre, qui devaient faire partie d'un ambon, sont l’un des exemples les plus raffinés de la sculpture du haut Moyen Âge, synthèse du naturalisme d’époque antique tardive et de l’élégance byzantine. Des plaques en forme d’arc avec décoration géométrique et végétale devaient sans doute constituer une structure à baldaquin surmontant un autel ou un reliquaire, tandis que de nombreux cadres à petits arcs semblent faire partie d'une pergula de séparation entre la zone absidale et les nefs de l’église.

Après l’arrivée des reliques de Santa Giulia en 761, dans l’église fut agencée une crypte, laquelle fut maintes fois transformée, en époque antique aussi bien qu’en époque romane, lorsqu’elle fut élargie vers le coté ouest. Dans la phase la plus antique, la crypte avait une forme semi-circulaire ; l’espace était organisé en piliers qui soutenaient les petits arcs décorés de stucs et de fresques. Sur la parois de fond, trois panneaux étaient décorés de fresques, encadrés par des guirlandes. L'accès à cette pièce souterraine se faisait par deux couloirs annulaires à partir desquels il était possible de descendre au niveau des sarcophages qui contenaient les reliques, en utilisant probablement des escaliers en bois.

 


ÉGLISE DE SAN SALVATORE
Via Musei, 81/b
Brescia

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