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La Victoire ailée

mer, 12/02/2014 - 14:58 -- Laura
Tipologia: 
Brescia, la Victoire ailée

Il s’agit d’une figure de femme, légèrement tournée vers la gauche, vêtue d'une tunique qui s’arrête sur les épaules (chiton) et d’un manteau (himation) qui s'enroule autour des jambes.
Elle est fabriquée moyennant la technique de la cire perdue indirecte et elle se compose d'au moins trente pièces moulées individuellement et puis soudées les unes aux autres. Comme pour les portraits, le finissage a été effectué à l’aide d’instruments pointus qui en définissent les détails avec précision. On a ensuite ajouté une damasquinure en argent et en cuivre qui en entoure la chevelure.
Elle fut probablement produite entre l’an 25 et 50 de notre ère par une fonderie d’art hautement qualifiée du nord de l’Italie.
La position de la figure, une jambe légèrement soulevée et les bras en avant, s’explique par la présence à l'origine de certaines caractéristiques qui permettaient d'en identifier le sujet. Le pied devait en fait s’appuyer sur le casque de Mars, le dieu de la guerre, et le bras gauche devait tenir un bouclier, également soutenu par la jambe pliée, sur lequel avaient été gravés, avec la main droite, le nom et les res gestae du vainqueur (la déesse romaine de la Victoire était effectivement représentée avec ces caractéristiques).

Il se peut que la statue ait été consacrée à la déesse par une personnalité importante en tant qu’action de grâce (ex voto) pour un succès militaire et qu’elle ait été exposée à l'intérieur du temple ou dans un bâtiment public de la ville, vraisemblablement le Capitolium même (isolée, ou peut-être associée à la figure masculine dont le nom était indiqué sur le bouclier tenu par la Victoire).
La figure de la Victoire ailée est bien documentée dans l'art romain, en particulier sur les pièces et les reliefs de l'époque impériale. Le type est une variante d'une statue de la fin du IVe siècle avant J.-C., l’Aphrodite dite de Capoue, représentée à demi-nue en train de s’admirer dans le miroir qu’elle tient dans ses mains. Ce modèle a été reproduit à maintes reprises à partir du IIe siècle avant J.-C.
Plus tard, le schéma iconographique de l'Aphrodite a été transformé en Victoire grâce à une tunique et à des ailes et au remplacement du miroir par un bouclier sur lequel la divinité grave le nom du vainqueur. Cette variante a connu un grand succès à partir du premier siècle après J.-C. La Victoire de Brescia, peut-être au tout début réalisée sans ailes, ces dernières ajoutées à une date ultérieure, en constitue l'un des exemples les plus connus.
La statue, découverte le 20 Juillet 1826 lors des fouilles archéologiques menées par des membres de l'Académie des Sciences, des Lettres et des Arts de Brescia, c’est la sculpture la plus importante parmi les vestiges trouvés dans le Capitolium et l'un des rares cas de statues en bronze qui se sont conservées, le seul en Italie du Nord : avec la transition vers le christianisme comme religion officielle de l'Empire, les symboles païens furent en fait détruits et, dans le cas de matériaux en bronze, ces derniers furent fondus. Pour la protéger contre un tel sort, la statue fut cachée dans un interstice du temple, ce qui explique le fait qu’elle nous est parvenue.
A partir de 1826, la renommée de la Victoire de Brescia se répandit dans toute l'Europe, au point que Napoléon III, en visite à Brescia avant la bataille de Solferino en juin 1859, voulut visiter le musée Patrio où il fut tellement impressionné par la beauté de la statue qu’il demanda de pouvoir en avoir une copie, actuellement exposée au musée du Louvre. Reconnaissant pour le don de Brescia, l'empereur donna à la ville deux vases monumentaux en porcelaine de Sèvres, qui montrent les portraits officiels de Napoléon III et de sa femme, exposés dans le musée du Risorgimento de la ville.
Dans quelques vieilles photos, on peut voir la statue avec un casque qui se trouve sous son pied gauche et un grand bouclier rond dans ses mains : ce sont des ajouts, vraisemblablement en plâtre, suggérés par un spécialiste en la matière, tel Giovanni Labus et insérés dans la statue probablement en 1838. On ne sait pas jusqu'à quelle date ces objets furent laissés, et il est probable qu’ils ont été perdus lors du transfert de la statue le 13 juin 1940 au cours d’un raid aérien, lorsque la Victoire ailée fut portée dans le parc de la Villa Fenaroli à Seniga, au sud de Brescia, pour être protégée.
À la fin de la guerre, la statue retourna au musée du Capitolium. Depuis juin 1998, la Victoire ailée est exposée dans le complexe monumental de Santa Giulia.

Victoire ailée
Statue en bronze
Hauteur cm 191
Deuxième quart du Ier siècle après J.-C.
 

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