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Les "Femmes qui travaillent " de Giacomo Ceruti, dit le Pitocchetto

jeu, 13/02/2014 - 09:24 -- Laura
Tipologia: 
Brescia, "Femmes qui travaillent " de Ceruti

Ce grand tableau fait partie d’une série de quatorze toiles qui fut dévoilée pour la première fois en 1931 : à cette époque, ces toiles appartenaient à la collection de Bernardo Salvadego et se trouvaient dans le château Martinengo à Padernello, dans la province de Brescia. Par la suite, elles furent dispersées et maintenant elles sont divisées en plusieurs collections privées, outre le musée Lechi de Montichiari et la pinacothèque Tosio Martinengo. L’individuation de cet exceptionnel groupe de tableaux amena à la véritable découverte de leur auteur, le peintre milanais Giacomo Ceruti, qui aujourd’hui est considéré comme l’un des artistes majeurs du XVIIIe siècle lombard.
Les toiles, connues sous le nom de “cycle de Padernello”, devaient décorer à l’origine plus d’un palais de la noblesse de Brescia et furent assemblées en un seul ensemble pendant le XIXe siècle. Elles reproduisent des personnes d’humble condition, occupées à des activités quotidiennes. Les toiles pourraient donc être rattribuées à la tradition de la peinture de genre, dans laquelle des scènes de vie populaire sont souvent représentées : ce type de peinture jouissait de grande fortune dans les demeures aristocratiques de l’époque, surtout pour le ton léger et allusif. Toutefois, les tableaux que Ceruti consacra à ces sujets (tous concentrés dans les années de son séjour à Brescia, entre 1724 et 1735) se caractérisent par une intonation totalement différente.

Ceruti lorsqu’il peignait des mendiants, des porteurs (« portaroli »), des cordonniers, des femmes occupées à des activités simples, des gamins de rue ne se proposait pas de raconter des anecdotes amusants ni de représenter des caricatures : il décrivait une condition. Tout en soulignant qu’il n’y avait ni de la part du peintre, ni de ses committents, aucune intention de dénonciation sociale que l’on retrouve, en revanche, dans la peinture du XIXe siècle, les spécialistes ne manquent pas de mettre en évidence le sens d’intense participation humaine que l’artiste prodigue dans ces coins de vie quotidienne : la dignité des personnages est accentuée par les dimensions des figures, qui ne sont pas présentées comme des esquisses mais comme des portraits, et par la représentation réaliste des scènes, qui n’ont pas le typique aspect de recontructions bizarres et pittoresques mais qui sont plutôt des instantanées denses de réalité.
Cette toile, en particulier, représente un groupe de femmes réuni dans un intérieur dépouillé ; les chaises sont disposées sans un ordre précis, comme si le groupe s’était constitué au fur et à mesure que les personnes allaient se joindre aux deux protagonistes plus mûres. Mis à part une fillette, aucune d’elles ne tourne son regard vers le peintre. En silence, elles sont occupées avec leurs aiguilles à tricoter ; la femme la plus âgée a appuyé son travail dans un panier et se consacre à apprendre à lire à une fillette, qui lui a posé un livre sur les genoux. Le profil de la femme est fuyant et disgracieux, peut-être marqué par une malformation. Les couleurs éteintes, déclinées dans une gamme délicate qui va du blanc au gris, sont ravivées par des touches subites de violet, rouge et orange : les robes, dignes, présentent quelques vagues allusions d’élégance passée. Les visages mélancoliques et concentrés révèlent la conscience et le poids d’une condition de vie difficile. On peut imaginer que ces femmes vivent dans un institut de bienfaisance pour démunies : l’application dans leur travail et dans l’apprentissage est souligné par le choix du peintre de représenter les mains au centre de la composition et le panier au premier plan. D’ailleurs, l’insistance sur ces détails reflète pleinement la sensibilité d’assistance exprimée par beaucoup des committents de Brescia de Ceruti, lesquels occupaient souvent des charges de responsabilité au sein d’orphelinats et d’autres établissements pieux.

Giacomo Ceruti dit le Pitocchetto
Femmes qui travaillent (« Donne che lavorano »)
Huile sur toile, cm 194 x 170,5
Vers 1720-1725

 

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